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Groupe La Poste

20 millions d’euros d’achats par an auprès de l’ESS d’ici à 2020

En octobre 2014, le Groupe La Poste lançait l’Alliance Dynamique, un programme  visant à réfléchir au co-développement d’activités durables avec les acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS). Depuis plus de deux ans, de nombreuses thématiques sont passées en revue pour imaginer de nouveaux produits et services : lieux partagés, produits bancaires, transition énergétique, etc. Les achats responsables figurent également parmi les axes de travail prioritaires. En la matière, le groupe affiche en effet son ambition : réaliser 20 millions d’euros d’achats auprès de l’économie sociale et solidaire par an d’ici à 2020. 

La démarche en 8 questions
Questions à Anne Deschanel, responsable du développement sociétal, direction RSE
En quoi consiste le développement sociétal au sein du Groupe La Poste ?

L’objectif du Groupe est de contribuer au développement des territoires en soutenant et en accompagnant les initiatives sociales dans l’intérêt de tous. Mes activités s’organisent essentiellement autour de trois grands axes : l’accès de tous et notamment des personnes vulnérables à des offres utiles, l’impulsion de l’engagement de La Poste et des postiers pour contribuer à l’inclusion (en particulier par un meilleur accès à la culture et à l’éducation). Nous nous appuyons pour ce faire sur de nombreux partenariats associatifs et sur la Fondation La Poste. Enfin, le troisième volet de mon travail porte sur les achats responsables, comme levier pour soutenir l’emploi et l’insertion au niveau local.

Concernant les achats responsables, quelles sont les grandes thématiques d’investigation du Groupe ?

En 2016, l’achat a représenté au Groupe La Poste près de 4,2 milliards d’euros auprès de 40 000 fournisseurs (dont un millier de fournisseurs ESS). De par son ampleur, le domaine des achats est un levier essentiel pour mettre en œuvre notre politique de responsabilité sociétale. Nous souhaitons être un donneur d’ordre exemplaire, en maitrisant notre chaîne d’approvisionnement. Nous sommes très vigilants sur le niveau de dépendance économique de nos fournisseurs et ces derniers sont incités à signer notre Charte des achats responsables.

Nous avons une politique d’achats volontariste auprès des PME (20,3% du montant global des achats a été dépensé auprès de PME en 2015) et nous développons les collaborations avec les acteurs du secteur adapté et protégé (près de 16 millions d’euros d’achats en 2016) et de l’insertion par l’activité économique (5,6 millions d’euros).

Pourquoi l’Alliance Dynamique, programme de partenariats entre le Groupe La Poste et les acteurs de l’ESS, a-t-elle intégré les achats socialement responsables comme axe de travail prioritaire ?

Nous sommes très attendus sur ce sujet par nos parties prenantes. Par exemple, les collectivités locales nous interpellent de plus en plus sur nos actions d’insertion, en lien avec le développement des clauses sociales dans leurs marchés. C’est également un sujet qui entre, comme on l’a dit, dans notre engagement sociétal : soutenir l’emploi local est devenu un enjeu majeur de différenciation, aucune entreprise ne peut passer à côté.

L’Alliance dynamique a-t-elle contribué à développer votre politique d’achats auprès des acteurs de l’Insertion par l’activité économique ?

Nous avions déjà des bonnes pratiques en matière d’achats auprès du secteur adapté et protégé,  grâce à notre 6ème accord national handicap [relatif à la politique d’emploi des personnes handicapées du Groupe, NDLR]. Nous avons pu former nos acheteurs grâce à un partenariat avec Handeco, les avons dotés d’outils, notamment en lien avec notre engagement dans la plateforme Pas@pas, et avons contribué au développement de filières (par exemple l’entretien des vélos, puis des vélos à assistance électrique). Enfin nous avons structuré notre reporting pour en faire un outil de pilotage des achats.

L’Alliance Dynamique nous a permis de monter d’un cran en mettant autour de la table les têtes de réseaux et des structures d’insertion. La Poste a pris de nouveaux engagements et nous avons travaillé sur les leviers qui nous avaient permis de réussir sur les achats auprès du secteur adapté et protégé. Nous avons notamment organisé des formations à l’insertion par l’activité économique pour plus de 120 acheteurs et prescripteurs, avec Coorace, la FNARS et Emmaüs.

En 2014, l’achat auprès de l’IAE représentait 2,4 millions d’euros ; en 2015, environ 2,9 millions ; et à fin décembre 2016, 5,6 millions. Nous sommes donc dans une belle progression. A vrai dire, notre objectif de 20 millions d’euros d’achats auprès de l’ESS est atteint dès cette année ! Mais nous allons continuer à travailler pour progresser encore.

Vous avez eu des déménagements d’envergure en 2016. L’ESS a-t-elle été impliquée dans les achats liés à cette activité ?

Oui, ça a été une très belle opération ! Nous avons saisi l’opportunité du déménagement du Siège pour faire travailler l’ESS et le faire savoir au-delà de la sphère des acheteurs.

Nous avons notamment fait appel à ARES sur des prestations de déchargement, de manutention et de dispatch de meubles dans les étages de nos nouveaux locaux. Cela a représenté environ 2 800 heures de travail. Dans une démarche d’économie circulaire, les déchets d’ameublement ont également été récupérés et « upcyclés » par l’entreprise d’insertion Extramuros. 24 meubles ont pu ainsi être fabriqués.

C’est une opération sur laquelle nous avons communiqué en interne, reproductible à l’avenir, puisqu’avec la réforme territoriale, les régions sont passées de 22 à 13 et il y aura sans doute des regroupements de locaux à prévoir.

 

De manière générale, travaillez-vous avec les acteurs de l’intérim d’insertion ?

Jusqu’à présent, nous avions une convention cadre pour l’intérim, qui nous permettait d’intégrer des acteurs de l’intérim d’insertion. Cependant, nous avons voulu aller plus loin l’année dernière en lançant un appel d’offres régionalisé pour nos besoins spécifiques en matière d’intérim d’insertion. Notre objectif était de mieux mailler le territoire et d’identifier de nouvelles structures d’insertion avec lesquelles travailler. 127 structures ont été sélectionnées par les acheteurs territoriaux. Nous sommes en cours de déploiement des outils pour permettre la mise en œuvre de cet accord cadre.

Notre branche Service-Courrier-Colis est celle qui a le plus recours à l’intérim d’insertion, pour des activités de tri de colis sur site : c’est quasiment 20 % du montant total consacré aux achats auprès des acteurs de l’insertion.

Avez-vous recours à l’insertion par l’activité économique pour d’autres types de besoins que l’intérim ?

Le recours à l’IAE est essentiellement concentré sur les transports, les travaux d’entretien et l’intérim. Notre branche Immobilier, Poste-Immo, est celle qui fait travailler le plus les entreprises d’insertion. En 2015 par exemple, nous avons eu un très gros marché immobilier : il s’agissait de remplacer les huisseries des fenêtres dans des bâtiments du sud-est. C’est une entreprise d’insertion qui a été titulaire de notre marché. Nous sommes vigilants toutefois, compte tenu de l’importance de ces marchés, aux fins de contrats, afin d’assurer une pérennité des relations et achats avec ces entreprises.

Nous essayons autant que possible de développer des opérations de plus long terme. Poste-Immo travaille aussi avec des entreprises d’insertion pour des travaux de maintenance, pour installer les guichets automatiques à l’extérieur des bureaux de poste.

Avez-vous de nouveaux projets pour développer vos achats socialement responsables ?

Après avoir formé nos acheteurs et des prescripteurs à l’insertion par l’activité économique, nous aimerions cette année :

  • Accompagner les acheteurs dans la prise en main du contrat avec les entreprises de travail temporaire d'insertion (ETTI) par des rencontres territoriales avec les fournisseurs, des outils par familles d’achats sur la rédaction des clauses sociales
  • Continuer à sensibiliser les prescripteurs à l’insertion en développant des outils de dialogue acheteur/fournisseur
  • Enfin, rencontrer les sphères marketing afin de leur présenter l’insertion et étudier avec elles comment intégrer encore plus  l’insertion dans nos chaines de valeur à l’instar de Recy’go, offre de collecte, tri et recyclage des papiers/cartons dont la partie tri est assurée par des entreprises d’insertion.

 

 

Propos recueillis par Sébastien Lévrier

Anne Deschanel, responsable du développement sociétal, direction RSE
Soutenir l’emploi local est devenu un enjeu majeur de différenciation, aucune entreprise ne peut passer à côté.
En vidéo
Le Groupe La Poste et les achats responsables
Antoine Doussaint, Président de Pas@Pas & Adjoint Direction RSE Groupe La Poste livre, à travers cette vidéo, ses conseils à ceux qui veulent mettre en place ou développer une politique d’achats plus responsables.