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SNCF

Acheter responsable et développer des chantiers d'insertion

La SNCF développe sa politique d’achats socialement responsables (ASR) avec les structures d’insertion par l’activité économique (SIAE) et le secteur du travail protégé et adapté. L'objectif du Groupe est d'atteindre 50 millions d’euros d’achats auprès de l’Économie sociale et solidaire (ESS) d’ici 2017. Au-delà de cette politique, l’établissement public a également un fort engagement sociétal, qui l’amène à créer des chantiers d’insertion.

La démarche en 6 questions
Questions à Martine Tucakovic, responsable Achats solidaires & politique PME à la direction déléguée Achats RSE de la SNCF.
Comment s’est mise en place la politique achats socialement responsables de la SNCF ?

"Nous avons démarré en 2008 en orientant nos achats de prestations vers le secteur du travail protégé et adapté. En 2009, nous avons expérimenté la mise en œuvre de clauses sociales d’insertion dans nos marchés. Cette démarche a nécessité de développer des outils juridiques dédiés. Nous avons alors rencontré des facilitateurs qui ont collaboré à la rédaction de nos pièces de marchés et élaboré des processus et des outils de reporting, afin de nous permettre de suivre le nombre d’heures d’insertion réalisées."
 

De quelle manière cette politique se déploie-t-elle sur les territoires ?

"Pour atteindre nos objectifs, 50 millions d’euros d’achats socialement responsables d’ici à 2017, un réseau de 25 Coordinateurs achats durables et solidaires (CADES) a été déployé dans nos entités achats et transverses. Nous avons des centrales d’achats interrégionales qui s’occupent d’achats de prestations de services, de travaux ou encore de prestations intellectuelles sur leur région respective ; des directions territoriales achats Infrastructures qui gèrent les travaux d’ouvrages d’arts, de voies et caténaires ; et enfin quatre départements d’achats nationaux pour des prestations de services, des prestations intellectuelles, le nettoyage des gares et du matériel roulant pour des marchés. Il y a donc beaucoup à faire.

Les CADES ont pour mission d’orienter le choix des acheteurs de toutes ces entités achats vers des fournisseurs de l’ESS. Ils ont à leur disposition des outils pour calculer le nombre d’heures d’insertion dans les marchés sur lesquels nous souhaitons mettre en œuvre une clause sociale, mais nous passons autant que possible par les facilitateurs sur les territoires."

Quel bilan dressez-vous aujourd’hui ?

"En 2014, nous avons réalisé 30,38 millions d’euros d’achats auprès du secteur du travail protégé et adapté et de l’insertion par l’activité économique.

Nous avons commencé à évaluer les performances de nos fournisseurs de l’économie sociale et solidaire en réalisant des diagnostics Responsabilité sociale et environnementale (RSE). Le résultat est très positif, car nous avons eu la surprise de constater que la notation de ces fournisseurs est plus élevée que celle de nos prestataires classiques. Or, la RSE est une dimension de plus en plus importante pour nous, afin de mieux qualifier nos risques fournisseurs."

Quels sont les contrats les plus emblématiques de la SNCF avec des acteurs de l’ESS ?

"En ce qui concerne nos marchés avec le secteur du travail protégé et adapté, nous avons aujourd’hui en place un contrat pérenne pour la gestion de la carte famille nombreuse. Depuis quelques années, nous avons également confié à une structure du secteur du travail protégé et adapté la gestion des réclamations clients ainsi que la maintenance des amortisseurs TGV.

Pour nos achats directs auprès de l’insertion par l’activité économique, nous avons différents marchés en cours :

  • La médiation dans les gares à travers notre programme des « grands frères », qui représente une grande activité en Ile-de-France et dans les zones urbaines de Lille et Marseille ;  
  • L’entretien et la rénovation de bâtiments (petits travaux en gare notamment) ;
  • L’entretien des espaces verts, et notamment le débroussaillage et l’abattage d’arbres ;
  • La réalisation de prestations audiovisuelles, par un atelier et chantier d’insertion francilien.

Nous mettons aussi en œuvre des clauses sociales d’insertion dans nos marchés de nettoyage des gares et de travaux."

Vous avez un partenariat de longue date avec Chantier École, en quoi consiste-t-il ?

"Ce partenariat ne relève pas de notre politique d’achats, mais de notre démarche en matière d’engagement sociétal.

Par la signature d’un accord-cadre national "Insertion sociale et professionnelle des bénéficiaires du revenu minimum d’insertion (RMI), de l’allocation spécifique de solidarité (ASS) et de l’allocation de parent isolé (API)" avec le ministère de l'Emploi le 21 juin 2005, la SNCF a pris l'engagement de favoriser l'insertion sociale et la reprise d'activité professionnelle de personnes très éloignées de l'emploi, en partenariat avec le secteur associatif, notamment adhérent du réseau national Chantier Ecole.

Avec cet accord, la SNCF s'inscrit dans une démarche de responsabilité sociétale par un accompagnement spécifique, concrétisé par la mise en œuvre de chantiers d'insertion. Ce dispositif est un outil pédagogique qui permet aux intéressés de se repositionner sur un projet professionnel.

Les chantiers d’insertion mis en place sont très souvent des travaux d'espaces verts (élagage, embellissement, nivellement…) et des travaux de bâtiment (travaux de rénovation, peinture, maçonnerie, pose de clôtures, petits travaux de démolition…) sur des durées de chantier de 6 à 18 mois."

Quelles sont vos perspectives de développement avec le secteur de l’IAE ?

"Nous allons développer notre approche par familles d’achats, pour identifier celles qui pourraient faire l’objet de démarches socialement responsables. Nous poursuivons aussi le sourcing de structures en capacité de répondre à nos besoins."

Martine Tucakovic, direction déléguée Achats RSE de la SNCF
En 2014, nous avons réalisé 30,38 millions d’euros d’achats auprès du secteur du travail protégé et adapté et de l’insertion par l’activité économique