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utb

Une entreprise du second oeuvre engagée pour l'insertion

L’entreprise utb fait appel depuis plusieurs années aux services du traiteur solidaire, Baluchon. Les deux entreprises ont été invitées par l’Avise au Salon Handicap, emploi et achats responsables du 28 mai 2018 afin d’intervenir au sujet de leur relation commerciale. Cécile Mourot, responsable QSE RSE, apporte désormais son témoignage aux lecteurs de socialement-responsable.org en revenant sur cette relation et en évoquant plus globalement, la politique d’achats socialement responsables de l’entreprise utb.

Cécile Mourot
"Nos participations à des forums et salons prennent du temps mais c’est une source de motivation qui maintient notre élan d’aller plus loin et qui permet de continuer à dynamiser les fonctions RSE et achats."
Les achats socialement responsables d'utb
5 questions à Cécile Mourot, responsable QSE RSE chez utb
Comment avez-vous pris connaissance de l’entreprise Baluchon et qu’est-ce qui vous a donné envie de travailler avec un traiteur solidaire ?

Nous sommes devenus clients de Baluchon dès les débuts de l’entreprise en 2014. Plusieurs dimensions du projet nous ont tout de suite intéressés. Nous nous sommes d’abord reconnus dans la notion de développement local sur le territoire de la Seine-Saint-Denis où nous sommes également implantés depuis plus de 40 ans. Ensuite, nous avons été sensibles à la politique sociétale de Baluchon via leur projet d’insertion de personnes éloignées de l’emploi. Nous sommes particulièrement attentifs aux enjeux de la RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) et nous avons été convaincus par la vocation et l’engagement de Baluchon dans son projet d’insertion.

Bien qu’ayant déjà un prestataire, utb a décidé de recourir également de manière régulière à Baluchon car, au-delà du projet auquel nous adhérons, nous avons confiance dans la qualité du service et des plateaux-repas proposés. Nous n’hésitons pas à faire marcher le bouche-à-oreille pour recommander ce prestataire car il nous tient à cœur de pouvoir soutenir et valoriser les projets à fort impact.

Plus largement, comment est structurée votre politique d’achats responsables vis-à-vis des acteurs de l’ESS et plus particulièrement de l’insertion?

Au sein d’utb, nous avons une direction de la politique d’achats qui s’occupe notamment de la signature d’accords-cadres. Cependant, ce sont les services opérationnels qui sont directement responsables de leurs achats. À ce titre, chaque service choisit ses prestataires lui-même. Chacun est attentif à promouvoir une politique sociétale, territoriale et environnementale via les achats. Par ailleurs, nous tissons des liens avec nos prestataires, basés sur la confiance, et qui ne nécessitent donc pas de contrat de partenariat. En tant que responsables RSE, je veille néanmoins à faire le lien avec les services internes afin de diffuser l’information quant à de nouveaux prestataires que nous avons identifiés comme des entreprises de qualité ayant une démarche que nous souhaitons soutenir.

À noter que nous avons initié une démarche RSE dès 2012 et que celle-ci est évaluée par l’AFNOR chaque année.

Avez-vous sollicité d’autres structures de l’ESS et de l’IAE plus particulièrement dans le cadre d’autres types de prestation ?

A l’occasion de la traditionnelle galette des rois pour le personnel, le département des ressources humaines sollicite chaque année l’association Aurore. Leur plateau technique propose aux jeunes mineurs isolés orientés par l’Aide Sociale à l’Enfance une formation aux métiers de la restauration. L’association se charge de la confection des galettes et de leur livraison.

Concernant le tri des gobelets de café dans nos locaux, nous souhaitons faire appel à Lemon Tri qui permet le recyclage des déchets valorisables (alimentaires, plastiques, verre, carton, etc.). Pour les DEEE (Déchets d’Équipements Électrique et Électronique), nous travaillons avec Lemon Aide qui propose des parcours d’accompagnement socio-professionnel à ses salariés en insertion.

*NB : Lemon Aide est une Joint-Venture Sociale créée entre Lemon Tri, la Fondation FACE Danone et le Fonds Danone pour l'ecosystème. Une Joint-Venture Sociale est une des formes les plus abouties de coopération entre une association et une entreprise qui s’associent et créent une nouvelle structure dans le but de réaliser une mission sociale commune tout en apportant le soutien d’un cadre économique classique.

Comment abordez-vous la mise en œuvre des clauses sociales auprès de vos responsables opérationnels et quels bénéfices percevez-vous dans la clause sociale ?

Puisque ce sont nos services opérationnels qui procèdent aux achats, il appartient à chacun de s’organiser pour réponse aux clauses sociales présentent dans les appels d’offres. Il s’agit souvent d’un élan personnel qui pousse nos collaborateurs à s’engager dans l’achat responsable mais c’en est devenu une pratique partagée et une dynamique collective, ce dont nous nous félicitons.

Les clauses sociales dans les marchés sont une solution efficace pour favoriser l’insertion des personnes éloignées de l’emploi. Cependant, elle n’en reste pas moins un défi pour les entreprises qui embauchent des salariés en insertion et qui leur proposent un accompagnement professionnel, mais aussi social, pour les former à tout niveau.

Depuis plus d’un an, nous mettons en place des POEC, Préparation Opérationnelle à l’Emploi Collective, permettant aux salariés en insertion de bénéficier d’une phase d’intégration progressive dans l’entreprise. Cela nous permet de les former et de leur apporter des compétences au plus près des besoins du secteur du bâtiment. Nous proposons notamment des POEC pour notre activité couverture et ce, en partenariat avec le Conseil département de la Seine-Saint-Denis. Nous avons donc l’habitude de former et une appétence pour la transmission de nos savoirs et de nos compétences auprès de personnes éloignées de l’emploi.

Concernant les clauses sociales, nous en avons une certaine expérience, puisqu’en tant qu’entreprise du BTP, nous répondons souvent à des marchés publics qui en comportent de plus en plus. Un frein que nous avons identifié est celui du recrutement des salariés en insertion, notamment lorsque les conditions imposées par les clauses sociales sont particulièrement détaillées comme par exemple, une exigence d’embauche sur un territoire très restreint, à l’échelle d’un quartier. C’est un frein qu’il faut lever lorsqu’on rédige un marché public afin, à la fois, de développer le recrutement de personnes en insertion tout en mettant les meilleures conditions en œuvre pour que les entreprises puissent répondre aux appels d’offres et embaucher ces salariés.

Quelle sera l’orientation de votre politique d’achats responsables pour l’année à venir ?

Notre mode de fonctionnement global est de rester cohérent avec notre ADN : travailler avec des partenaires de qualité avec lesquels nous partageons des valeurs et en qui nous avons confiance. C’est donc cette stratégie que nous appliquons dans nos achats. Pour nous, il ne s’agit pas de « green-washing » ou d’image mais réellement de notre raison d’être et de ce qui est en cohérence avec notre statut de société coopérative. Par ailleurs, c’est dans notre habitude que de rester à l’écoute et en veille afin de sourcer les bons prestataires. A cet égard, nous bénéficions du soutien d’Est Ensemble, un des Etablissements publics territoriaux (EPT) du Grand Paris, qui organise des conventions d’affaires nous permettant de rencontrer des entreprises responsables en ligne avec nos valeurs. Nos participations à des forums et salons prennent du temps mais c’est une source de motivation qui maintient notre élan d’aller plus loin et qui permet de continuer à dynamiser les fonctions RSE et achats. Ces moments permettent également de réaffirmer le besoin d’être dans une logique de « mieux-disant » et non de « moins-disant ».

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